Projet de réforme des allocations familiales : le débat continue :


Posté le 20 janvier 2021 dans Actualités

Photo : Illustration/Pixabay.

Article publié dans le quotidien d’information L’essentiel, le Mercredi 20 Janvier 2021.

Annoncé la semaine dernière, le projet de réforme des allocations familiales, qui sera de nouveau évoqué mercredi en commission, a créé un débat autour de la notion de famille. Le gouvernement entend réserver les prestations aux enfants des seuls travailleurs du Luxembourg, résidents ou frontaliers, et non plus aux enfants de leurs conjoints.

«Ce que nous voulons est introduire plus d’égalité entre les travailleurs, chacun comptant de la même manière pour le calcul des allocations», dit Max Hahn (DP), président de la commission Famille. Ceux qui élèvent des enfants «ont droit à des allocations pour les leurs, mais pas pour ceux des autres. La logique est celle des cotisations, comme pour la retraite ou le chômage». «Cela pose la question de qui est en charge des enfants», renchérit la députée Djuna Bernard (Déi Gréng), sans s’avancer «en attendant la suite des débats». Selon elle, le projet «n’entend pas créer une discrimination, notamment envers les frontaliers».

Une partie de l’opposition soutient la philosophie de la réforme. «Vivre dans le même foyer ne veut pas dire constituer une famille», avance Fred Keup (ADR), qui admet qu’il s’agit parfois «d’une question compliquée, avec beaucoup de cas particuliers». Il en appelle «aussi à la responsabilité des pays de résidence sur le versement des allocations». Marc Goergen (Pirates) trouve «logique qu’il faille travailler au Luxembourg pour bénéficier des prestations» car les beaux-enfants des travailleurs «n’ont pas de lien avec le pays».

Le son de cloche est différent du côté du CSV, premier parti d’opposition: «Nous sommes passés d’un droit de l’enfant à un droit de l’assuré», déplore Marc Spautz, vice-président de la commission Famille. D’après lui, «celui qui a la responsabilité d’une famille doit bénéficier des avantages, qu’il soit marié ou pas, peu importe son mode ou son lieu de vie». Marc Baum (déi Lénk) s’oppose au projet, qu’il considère «injuste vis-à-vis des familles recomposées, qui doivent bien être considérées comme des familles». De plus, selon lui, «le projet est contraire au droit européen et ne pourra pas être validé en l’état».

(Joseph Gaulier/L’essentiel)


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